À la suite d’un incendie, même de faible ampleur, il est indispensable de mettre en œuvre une démarche structurée afin de garantir la sécurité des personnes et de prévenir les risques résiduels liés aux fumées, aux dépôts de suie, aux produits de combustion et aux éventuelles dégradations des installations.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre du dialogue social avec les représentants du personnel et le CSE, afin de s’assurer de la faisabilité des mesures de prévention et de leur bonne mise en œuvre par les salariés.
Avant toute intervention dans les locaux sinistrés, une évaluation des risques doit être réalisée afin d’identifier les dommages structurels éventuels du bâtiment, les risques électriques liés aux installations endommagées, la présence de suies et de résidus de combustion potentiellement nocifs, les risques chimiques associés aux matériaux brûlés, ainsi que les risques de chute, de coupure ou de blessure dus aux débris. L’accès aux locaux doit rester interdit jusqu’à validation de leur sécurité par une personne compétente.
À l’issue de cette évaluation, deux options peuvent être envisagées. Si l’incendie a généré une contamination importante par les fumées, les suies ou des substances dangereuses, il est recommandé de faire appel à une entreprise spécialisée dans le nettoyage après sinistre. Cette solution permet de réaliser une décontamination adaptée, de garantir la gestion réglementaire des déchets et de limiter l’exposition des salariés aux polluants résiduels.
Lorsque la contamination est limitée et que l’évaluation des risques conclut à la possibilité d’une intervention en interne, un mode opératoire de nettoyage doit être défini et appliqué. La zone concernée doit être délimitée et signalée, les installations électriques sécurisées et les modalités d’évacuation des déchets prévues avant le démarrage des travaux.
Les représentants du personnel devront être associés à ces démarches.
Cas n°1 : l’employeur procède à un simple nettoyage :
L’objectif est d’éviter tout contact cutané et de ne pas respirer de poussières/particules dangereuses.
Nettoyage à l’humide :
• aérer les locaux fermés,
• nettoyer les locaux, fenêtres, mobiliers et les abords (terrasses...) uniquement à l’eau,
• nettoyer à la lingette humidifiée tous les meubles et objets intérieurs (les appareils électriques doivent être débranchés pour ce faire) et à la serpillère humide pour les sols. Possibilité de rajouter si nécessaire des surfactants (tensioactifs) pour faciliter le travail. Possibilité d’utiliser des lingettes humides prêtes à l’emploi qui seront jetées dans des sacs poubelles spécifiques puis correctement fermées,
• ne pas utiliser de nettoyeur haute pression pouvant mettre en suspension des particules,
• ne pas effectuer de balayage à sec,
• ne pas utiliser d’aspirateur ou de souffleur,
Equipements de protection individuels :
• port de vêtements de travail longs dédiés au nettoyage et de gants nitriles à manchettes,
• port d’un masque FFP2.
Ces mesures sont à compléter par des mesures d’hygiène :
• ne pas manger, boire ou fumer sur le lieu de travail,
• se changer, se laver les mains et le visage avant de manger, prendre une douche en fin de poste,
• séparer les vêtements de ville des vêtements de travail,
• assurer un entretien et un stockage convenable des EPI,
• mettre les habits sales dans une poche et réaliser un lavage quotidien des vêtements.
Cas n°2 : le déblaiement et nettoyage par des entreprises spécialisées dans le nettoyage de locaux et sites incendiés
L’évaluation de risque préalable aux travaux devra prendre en compte outre le risque d’exposition aux suies, cendres et matériaux brûlés, les risques d’effondrements, de chutes de hauteur, de chutes de plain pieds en raison de l’encombrements, de risque d’exposition à des déchets amiantés (par exemple, toits everite cassés) etc…
Pour la protection vis-à-vis des suies, cendres et matériaux brûlés :
• nettoyage à l’humide : (Cf. recommandations supra),
• les équipements de protection individuels sont à adapter,
• mesures d’hygiène (Cf. recommandations supra),
• les équipements jetables sont à récolter dans des poubelles fermées.
Voir les recommandations de la CARSAT Aquitaine : Opérations de déblaiement et de nettoyage de suie après un incendie
Une attention particulière doit être portée à l’aération des locaux. Les espaces fermés ou peu ventilés doivent être largement aérés avant, pendant et après les opérations de nettoyage, par ouverture des portes et fenêtres lorsque cela est possible, la qualité de l’air doit être jugée satisfaisante avant toute réoccupation des lieux.
La reprise de l’activité ne doit être autorisée qu’après vérification de l’état des locaux, validation de la sécurité des installations, réalisation complète des opérations de nettoyage et suppression ou maîtrise des risques résiduels identifiés lors de l’évaluation initiale.